Mon interview avec Bertrand Piccard, l’homme qui volait plus haut que ses rêves

ATTENTION, EXCLU ! J’ai eu la chance d’obtenir une interview de Bertrand Piccard en marge du Mondial Air Ballon, le plus grand rassemblement international de montgolfières qui s’est déroulé du 21 au 30 juillet dernier à une centaine de kilomètres de chez moi, à Chambley, en Lorraine.

Bon, disons plutôt que j’ai fait preuve d’une insistance lourdingue – le bon vieux syndrome du journaliste collant : « Je suis coriace! », ai-je lancé au fondateur et pilote de Solar Impulse, essayant tant bien que mal de cacher mon stress au moment de lui demander une interview alors qu’il s’apprêtait à déjeuner. J’étais à la fois impressionnée par cet homme considéré comme l’un des plus grands explorateurs de notre époque, et dont j’avais suivi toutes les aventures, et stressée à l’idée d’essuyer un refus. Car, croyez-moi, le grand Bertrand ne se laisse pas approcher comme ça!

C’était sans compter sur ma détermination sans faille, alimentée d’ailleurs par le principal intéressé qui conseille volontiers de ne jamais abandonner: « Ce n’est pas grave d’échouer, ce qui est grave, c’est de ne pas essayer! » Ce n’était pas tombé dans l’oreille d’une sourde… Ajoutez à cela, un petit coup de pouce de la part de l’organisation du « MAB », qui m’a carrément assise à côté de l’explorateur à la table du déjeuner. Wouah! Tension à son maximum. C’était maintenant ou jamais. Il me fallait convaincre le psychiatre suisse de m’accorder 30 minutes de son temps pour me raconter son aventure « Solar Impulse » et m’apprendre les recettes de son succès. L’homme fit de gros yeux en apprenant la durée de l’interview, lui qui consacra pourtant 16 ans (!) de sa vie à la concrétisation de son rêve de tour du monde en avion à énergie solaire…

Finalement, il fut convenu de s’entretenir entre deux siestes et avant les traditionnels vols de masse en montgolfière qui ont lieu tôt le matin et en début de soirée. Le temps pour l’équipe de la communication de mettre en place le plateau télé, et pour moi de fignoler mes questions, nous avons fini par « kidnapper » Bertrand Piccard à 18h15 pétantes, à l’issue du briefing des pilotes. Mais Monsieur Piccard, en plus d’avoir l’esprit pionnier, a le sens du suspense… Voudra, voudra pas? – « Quoi, ici ? Ah, non, ce n’est pas possible. Comment, la voiture est juste là…? Et c’est loin, le plateau? Bon… d’accord. » Hourra!

Aucun journaliste digne de ce nom, et encore moins celui qui se passionne pour la réussite et le développement personnel n’aurait eu envie de passer à côté d’une interview avec cet homme hautement inspirant, dont le nom est entré deux fois dans la légende : la première fois, en 1999, lorsqu’il a achevé avec Brian Jones le premier tour du monde sans escale en ballon, et la seconde, en 2016, lorsqu’il a accompli le premier tour du monde en avion à énergie solaire. Ce dernier exploit a fait l’objet d’un livre : « Objectif Soleil: l’aventure Solar Impulse », dont nous parlons dans cette interview de… 20 minutes, au lieu des 30 minutes prévues au départ.

Peu importe, j’ai réalisé mon exploit, à moi : j’ai interviewé Bertrand Piccard, alors qu’une vingtaine d’autres journalistes le sollicitaient, et que je n’avais ni carte de presse, ni autorisation d’entrée sur la partie sécurisée du site! Et cela va me permettre de lancer ma propre chaîne de télé sur Youtube.

Merci à tous ceux qui ont rendu cela possible et qui, s’ils lisent ce blog, se reconnaîtront.

*** Découvrez l’interview de Bertrand Piccard en intégralité sur Youtube ***

Plus d’infos:

www.bertrandpiccard.com
www.solarimpulse.com
www.windsofhope.org

 

Défi « Une semaine sans maquillage »: le bilan!

Après 8 jours consécutifs sans fard à joues ni mascara, voici les 7 résultats positifs que je retiens de mon défi « Une semaine sans maquillage » qui s’est déroulé du 17 au 25 juin!

Je suis heureuse de pouvoir partager aujourd’hui mon ressenti sur cette expérience dont certains voudront peut-être se moquer, mais qui pourtant n’est pas aussi anodine qu’on pourrait le croire. Comme je l’ai expliqué au moment de lancer ce défi, quand on manque de confiance en soi il peut être très bénéfique de se donner la chance de vivre au naturel, même durant quelques jours seulement. Cela permet de gagner en confiance en soi, de mieux se connaître, et de moins dépendre du regard des autres.

Voici donc les 7 points bénéfiques de cette semaine, qui me poussent à dire que cette expérience devrait être pratiquée régulièrement par toutes les femmes « accroc » au maquillage.

  1. Une peau en meilleure santé – Avant cette expérience, j’aurais été incapable de sortir sans ce produit cosmétique  phare pour des millions de femmes: le sacrosaint fond de teint. Mais pour relever ce défi, il m’a fallu y renoncer. Et à ma grande surprise, j’ai trouvé que ma peau n’était pas si horrible que l’idée que je m’en faisais. Même s’il est vrai que je n’aurais jamais le teint diaphane aux pores magnifiques de certaines amies à moi (cruelle hérédité…), je me suis rendue compte que mes éternels « problèmes de peau » étaient avant tout dans ma tête. A l’issue de cette semaine, j’ai l’impression que ma peau « respire » mieux, elle semble plus lumineuse et en meilleure santé. Si bien que lorsque j’ai remis du fond de teint, je n’ai pas vu la différence !
  2. Les fortes chaleurs ne font plus couler mon maquillage – Quel bonheur de ne pas devoir vérifier sans arrêt que mes yeux ne ressemblent pas à ceux de Dracula! Avec les fortes chaleurs de ces derniers jours et même avec du mascara waterproof, mes cils sont trop longs par conséquent le noir finit irrémédiablement par se retrouver au-dessus ou en-dessous de mes paupières… Souvenez-vous des tatouages « transfert » qu’on se faisait quand on était petits, ben c’est exactement le même effet…
  3. Une trousse de voyage plus légère – J’ai eu l’occasion de passer quelques jours à l’étranger, ce qui m’a obligée à faire preuve d’un grand courage: j’ai laissé ma trousse à maquillage derrière moi, dans la salle de bain… dur dur… Mais au final, c’était chouette de ne pas avoir besoin de trimballer les boîtes de fard à paupières, blush et autres pinceaux, et ma trousse de toilette était beaucoup plus simple et légère. Cool !
  4. Un bronzage « naturel » et sans risque – On le sait, les rayons UV peuvent causer de gros dégâts sur notre peau, et j’ai toujours pensé que l’effet néfaste du soleil devait probablement être multiplié avec du fond de teint qui s’interpose entre la peau et les UV. C’est sûrement pour cette raison qu’on a inventé le fond de teint à protection UV intégrée, n’est-ce pas? C’est complètement subjectif, mais je me sens plus rassurée avec une protection solaire plutôt qu’un fond de teint et quoi qu’il en soit, je ne m’expose jamais aux heures les plus chaudes de la journée (12h-16h). Et je déteste mettre de la crème solaire par-dessus mon fond de teint. Donc juste de la crème et rien d’autre, c’est parfait !
  5. Un gain de temps inestimable – Il va de soi que lorsqu’on n’a pas besoin de se maquiller, on se prépare plus vite le matin et donc, on est plus vite disponible pour les activités de la journée. De plus, le soir la durée de la toilette est facilement divisée par trois ! Quel bonheur de ne plus avoir besoin de passer et repasser des tonnes de coton à démaquiller avant d’enfin parvenir à faire disparaître toute trace de mascara… pour de toute façon en retrouver le lendemain matin dans le creux de l’oeil et sur l’oreiller 🙂
  6. Des économies non négligeables – Adieu disques de coton à démaquiller, produit démaquillant et bien sûr, adieu mascara, crayon, fard à paupière, gloss et autres produits cosmétiques que nous possédons quasiment toutes en masse! J’ai fait le tri dans mes produits cosmétiques et je n’ai gardé que l’essentiel, qui se résume à quatre produits : un fond de teint, une palette de fards à paupières, un mascara et un baume à lèvres. Basta!
  7. Une meilleure image de moi-même – Voilà le plus important de tous les bénéfices que je retire de cette semaine au naturel. Après seulement trois jours, j’avais oublié que je n’étais pas maquillée, j’étais moins prisonnière de mon image et du « qu’en dira-t-on ». Même s’il m’a fallu de temps en temps un petit effort pour ne pas craquer. Mais j’ai tenu bon et cela en valait la peine!

Pour terminer ce billet, j’adresse les félicitations du jury à notre « Joyeuse Théoricienne », alias Madame Champignon qui m’a écrit un commentaire la semaine dernière pour partager son expérience: cette maman de jumeaux vit « au naturel » depuis 4 ans et cela lui va à merveille. Bravo Madame Champignon et merci de me suivre depuis le début !

Quant à moi, je vous laisse car il est l’heure d’aller chercher mon fils chez sa nounou. Oups, j’ai oublié de me maquiller…! 😉

Défi: une semaine sans maquillage!

Participez à mon défi « Une semaine sans maquillage », afin de dépasser votre crainte du regard des autres et (re)gagner en confiance en vous.

Avez-vous déjà passé toute une journée sans maquillage? Avez-vous suffisamment confiance en vous, pour oser vous montrer au naturel? Seriez-vous capable de vous passer de maquillage durant toute une semaine? Si non, alors cela signifie peut-être que vous avez besoin de gagner confiance en vous.

Il y a quelques mois en arrière, sortir de chez moi sans être maquillée aurait été inconcevable pour moi. Perfectionniste et soucieuse du regard des autres, j’étais très angoissée à l’idée de me montrer au naturel. Je focalisais sur mes rides, mes imperfections, mes cernes, etc. Non pas que mes défauts me dérangeaient moi, pas du tout. La réalité c’est que j’étais angoissée à l’idée de déplaire aux autres.

Pourquoi? Parce que je manquais de confiance en moi.

Mais cela a changé.

Voici la femme au naturel qu’on aimerait toutes être… 😉

Identifiez vos valeurs et appliquez-les

J’ai fait un travail d’introspection pour comprendre d’où me venait cette tendance au perfectionnisme. Oh, il ne fallait pas chercher bien loin…  J’ai été éduquée par une maman elle-même perfectionniste, dont la formule favorite à l’endroit de mes performances était la suivante : »C’est bien ma fille, mais tu aurais pu faire mieux… » A tel point qu’aujourd’hui – et maintenant que j’ai pu identifier le problème et lui en parler – ma mère et moi utilisons cette formule comme une blague entre nous!

Ensuite, j’ai fait la liste des points positifs de ma personnalité, et des valeurs qui me tiennent à coeur et que je souhaite mettre en avant dans ma vie. J’ai transposé ces valeurs en actions quotidiennes (faire du sport, accompagner mon fils dans la découverte du monde, m’occuper de ma famille, etc.) J’ai fait des choses (comme écrire sur ce blog) sans chercher à ce qu’elles soient parfaites. Petit à petit, mes valeurs ont pris davantage d’importance que mon apparence.

Forte de cette conscience du « QUI JE SUIS », j’ai commencé à sortir sans maquillage: au parc avec mon fils, à la piscine, en faisant les courses, etc. Et vous savez quoi? Les journées se passaient tout aussi bien que lorsque je portais du maquillage! Les gens me souriaient toujours, me parlaient spontanément… comme avant.

Trouvez l’équilibre et sentez-vous libre

Au fur et à mesure, la journée passant, j’oubliais carrément que je ne portais pas de maquillage. Si bien qu’un jour, j’ai lancé à mes voisins une invitation improvisée à venir déjeuner, réalisant quelques minutes plus tard que je non seulement je n’étais pas maquillée, mais en plus, je portais un vieux jogging élimé… Eh bien, figurez-vous que nous avons passé une journée formidable!

Attention, n’allez pas croire que je suis anti-maquillage. Loin de moi l’idée de lancer la mode du « tout au naturel », à l’instar de nombreuses artistes internationales, comme par exemple la chanteuse Alicia Keys. J’aime me maquiller. J’aime ce moment de face-à-face avec le miroir, et j’aime utiliser le maquillage pour valoriser mon image. Tout est une question d’équilibre.

Le message qu’il faut comprendre à travers ce défi, c’est qu’il est tout aussi important d’être capable de se détacher du regard des autres et de se sentir libre de se révéler tel qu’on est.

Alors, rejoignez-moi dès aujourd’hui, samedi 17 juin, pour ce défi « Une semaine sans maquillage » et invitez vos amies en partageant cet article avec elles! N’hésitez pas à laisser vos commentaires ci-dessous pour partager vos impressions. On se retrouve le lundi 26 juin pour le bilan.

Bon défi et à bientôt !

Défi Une semaine sans maquillage

Et ça, c’est moi, au naturel… et sans retouche ! 😉

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On prépare la rentrée… de maman!

Travailler à la maison, mon choix pour concilier vie familiale et professionnelle

Travailler à la maison, mon choix pour concilier vie familiale et professionnelle

La rentrée scolaire 2017-2018 sera la toute première pour mon fils qui va avoir 3 ans au mois de juillet. Loin de me rendre nostalgique, cette nouvelle étape dans la vie de mon enfant me réjouit, car même s’il est évident que cela me fera un pincement au coeur quand je le verrai s’éloigner pour rejoindre sa maîtresse au premier jour d’école, cette rentrée signifie que je vais pouvoir retourner à mes occupations professionnelles.

Cela va faire 3 ans maintenant que je suis maman au foyer. Celles (notez que j’emploie le féminin car il y a beaucoup de femmes ici 😉 ) qui lisent ce modeste blog depuis le début, ont pu s’apercevoir que ces trois années furent légèrement tourmentées (ceci est un euphémisme).

Bourrée de contradictions intérieures – rester au foyer ou travailler? – , j’étais comme trimballée sur des montages russes. Un jour, j’étais de très mauvaise humeur, rongée par la frustration, je regrettais de ne pas être au bureau comme toutes les mamans autour de moi; le lendemain, je me sentais chanceuse de ne pas avoir à subir le stress lié au travail – les bouchons, les réunions qui n’en finissent jamais, les entretiens de notation, etc. – et de pouvoir m’occuper à temps plein de mon enfant, même si cela impliquait de nombreux sacrifices, surtout sur le plan financier et des relations sociales.

Alors, et maintenant, me direz-vous? Eh bien, après un long travail de réflexion et d’introspection, j’ai décidé de travailler à mon compte. Alors ici, on prépare aussi la rentrée de maman !

Même si j’ai un profond respect pour les mamans qui s’épanouissent dans l’éducation des enfants et l’accomplissement des tâches ménagères lié au rôle de maman au foyer, j’ai pris conscience qu’il y a chez moi un besoin vital d’utiliser quotidiennement mes neurones plutôt que mon fer à repasser, et d’être rémunérée pour cela. Cela étant, j’ai également pris conscience que travailler 40h/semaine auquel il faut ajouter le temps passé dans les transports ne serait pas tenable, car ma priorité numéro une, ce n’est pas d’avoir une belle carrière, mais d’être disponible pour mon fils et ma famille.

Travailler à mon compte ne m’apportera peut-être pas un gros salaire, mais cela me permettra de concilier vie familiale et vie professionnelle. Pour enfin descendre des montages russes, et retrouver l’équilibre.

A bientôt

 

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3 astuces pour ne pas abandonner pendant l’effort

Dépassez les barrières du mental avec 3 astuces simples pour réussir votre séance de sport

Ce matin, j’ai décidé de partager avec vous – et pour la première fois en vidéo! – 3 astuces pour ne pas abandonner lorsque vous faites votre séance de sport.

Parfois, le corps va bien mais le mental ne suit pas. On se dit que c’est trop dur, qu’on n’y arrivera pas, qu’on est essoufflé, qu’il fait chaud, qu’il fait froid, qu’il pleut, etc., bref, notre cerveau nous envoie tout un tas d’informations négatives pour nous entraîner tout droit vers l’abandon.

Car oui, faire du sport, c’est gratifiant mais c’est parfois très dur ! Avec ces 3 astuces, non seulement vous n’abandonnerez plus, mais en plus il y a fort à parier que vous dépasserez l’objectif que vous vous serez fixé !

  • Pendant la séance de sport, se répéter une vingtaine de fois une phrase positive et axée sur la réussite, telle que « Chaque jour, je cours/je nage/je marche de mieux en mieux » (autosuggestion issue de la méthode Coué)
  • Se remémorer un « exploit » sportif, professionnel ou personnel que nous avons réussi et dont nous sommes particulièrement fier (pour moi, avoir gravi le Mont Ventoux à vélo)
  • Se fixer des marqueurs (de temps, de distance ou des objets concrets comme un arbre, un buisson, etc.) qui sont autant de petits objectifs à atteindre au fur et à mesure du parcours; se concentrer sur ces marqueurs et non sur l’objectif final.

Ces 3 astuces appliquées ici au sport, sont valables dans la vie de tous les jours, pour atteindre les objectifs que nous nous fixons.

N’hésitez pas à partager ces astuces autour de vous afin d’en démultiplier les effets, car si tout le monde faisait un peu de sport il est bien évident qu’il y aurait davantage de personnes en bonne santé dans notre société !

PS : Il n’y avait plus assez d’espace de stockage pour vous dire au revoir… 😉 Mais le principal, c’est que les 3 astuces sont expliquées dans la vidéo. 😉

Alors à vos baskets, et à bientôt !

Lettre à ma maison

Ecrire une lettre est un outil puissant pour nous aider à tourner la page et aller de l'avant

Ecrire une lettre est un outil puissant pour vous aider à tourner la page et aller de l’avant

Il y a quelques mois, nous avons déménagé. Dans la plupart des cas, un déménagement est synonyme de changement positif et enthousiasmant. Mais pour moi, il s’agissait au départ davantage d’une obligation que d’une réelle volonté de ma part de déménager. Par conséquent, l’idée de devoir quitter cette maison dans laquelle mon mari et moi avions vu notre fils naître et passer les premiers mois de sa vie me fendait le cœur.

D’un autre côté, une nouvelle maison nous attendait. Celle-là nous appartiendrait pour de vrai. Nous allions devenir propriétaires. Ce ne serait pas la maison de quelqu’un qui nous donnerait le droit de l’habiter contre un loyer, non, ce serait notre maison à nous. Et ça, c’était plutôt chouette.

Je ne voulais pas que ce déménagement soit triste. Je voulais quitter la maison que nous avions aimée durant sept longues années sans que cela ne soit trop douloureux. Alors, j’ai repensé à cette méthode nord-américaine qui consiste à écrire des lettres aux personnes défuntes pour leur dire ce qu’on n’a pas eu le temps ou l’occasion de leur dire. J’ai donc pris ma plume et j’ai écrit une lettre à ma maison.

Merci pour tant de bonheur, une nouvelle vie m’attend

« Chère petite maison », ai-je introduit, avant de laisser mon stylo courir librement sur le papier: en quelques lignes, j’ai remercié ma maison de m’avoir donné un toit, de m’avoir protégée du froid, de la pluie, du vent, et de m’avoir donné tant de bonheur durant toutes ces années.

Lorsque j’ai eu terminé d’écrire, j’ai plié la lettre et je l’ai enterrée dans le jardin, dans un endroit secret.

Je suis retournée à mes activités avec un sentiment de satisfaction mêlé à une forme de soulagement.

Cela peut sembler surprenant ou peut-être stupide, mais écrire à ma maison m’a fait beaucoup de bien. Exprimer ma gratitude à mon ancienne maison m’a aidée à tourner la page de ces années de façon plus joyeuse et plus sereine. Au lieu de regarder dans le rétroviseur, cela m’a aidée à me projeter davantage vers la nouvelle vie qui nous attendait dans notre nouvelle maison.

Je mentirais si je vous disais que je n’avais pas eu le cœur serré le jour où les déménageurs sont arrivés. Mais alors qu’ils embarquaient les cartons à vitesse grand V, j’ai souri en repensant à ma lettre dont seule moi connaissais l’existence, enfouie quelque part au fond du jardin. Au moment de fermer la porte définitivement, j’ai lancé joyeusement: « Au revoir petite maison, une nouvelle vie m’attend ! »

A bientôt,

Lily

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Syndrome de l’instabilité chronique

Petite, je voulais devenir journaliste. Et psychologue. Et professeur dans les îles. Et chanteuse de rock, aussi.

Moi, je pensais sincèrement qu’on pouvait faire tout ça dans une vie. Ma mère, elle, s’inquiétait devant ce qu’elle considérait comme un cas typique du syndrome de l’instabilité chronique.

Je ne sais pas qui a raison.

De la psychologie, j’en utilise tous les jours pour ne pas réveiller la bête irascible qui sommeille en mon fils ou pour jongler avec les états émotionnels changeants de ma mère (un véritable cas pratique grâce auquel je peux affiner tous les jours mes connaissances en la matière – merci maman). J’ai aussi fait mon introspection une fois par semaine pendant quatre mois sur un fauteuil Ikea et je lis chaque semaine des articles hautement inspirants de « Psychologie Magazine ». C’est déjà pas mal, je trouve.

Les îles, j’en connais quelques unes pour avoir eu la chance d’y passer des vacances. Ah, le soleil, la plage, le ciel bleu et les cocotiers… A défaut d’avoir pu y enseigner quoi que ce soit, j’ai beaucoup appris de mes séjours dans ces lieux paradisiaques. Par exemple, j’ai appris des trucs imparables pour tenir son mojito au frais le plus longtemps possible par 40°C, et je pense détenir le record de longévité du pied en éventail sur un transat. En m’intéressant davantage aux habitants plutôt qu’aux tortues marines, j’ai pris conscience qu’un décor de carte postale peut cacher une réalité plus proche de l’enfer que du paradis. J’ai compris que les rencontres que nous faisons au cours de nos voyages valent tous les paradis terrestres. Surtout celle avec le barman tellement sympa qu’il t’offre des cocktails en dehors du forfait « all inclusive ».

Chanteuse de rock, ça m’a pris comme ça, vers l’âge de 15 ans. Au lycée, un copain qui faisait de la guitare avec un autre copain batteur m’avait demandé si ça me disait de devenir chanteuse dans leur groupe nouvellement constitué. L’inconscient ne m’avait même jamais entendu chanter. (Pas de bol), j’ai accepté. Et c’est ainsi que j’abandonnai une carrière prometteuse de pianiste virtuose du conservatoire pour me lancer dans cette folle aventure dans l’univers de la musique pop-rock. Avec mon groupe aux noms successifs particulièrement inspirés – U Rock, Nébuleuse, Abysse –  j’ai arpenté les plus grandes scènes improvisées (= on pousse les chaises sur les côtés) des plus célèbres cafés-restaurants de Moselle Est. J’ai chanté dans le même café que Patricia Kaas, ce que je n’aurais jamais pu soupçonner si le propriétaire des lieux ne me l’avait pas fait remarquer environ 342 fois au cours de la soirée, ou que je n’avais pas remarqué la centaine de portraits de l’enfant star de Stiring-Wendel accrochés sur les murs. J’ai chanté « Zombie » des Cranberries devant quelque 120 spectateurs désinhibés par la bière lors de la Fête de la Musique de mon village, c’était incroyable, je pouvais les entrevoir à travers la fumée émanant des barbecues qui laissaient échapper des odeurs de saucisse grillée. Un véritable phénomène local. La fierté de mes parents.

Je souris quand je repense à ces années où tout semblait possible, avant de devenir adulte. Bien que je ne sois pas devenue une star internationale de la chanson (ça se saurait), la musique a tout de même changé ma vie.

C’était bien des années plus tard. J’avais 30 ans, et j’avais mis la chanson entre parenthèse depuis trop longtemps; cela me manquait énormément. Alors, j’avais répondu à une petite annonce publiée sur un site internet spécialisé : « Groupe cherche chanteuse, style pop-rock. » Je me suis présentée. Après trois répétitions et une grosse déception, il me parut plus raisonnable de quitter le groupe mais de garder le petit guitariste au regard doux qui allait devenir quatre ans plus tard mon mari.

Au beau milieu de tout ça, je suis devenue journaliste. Pour de vrai. Avec une carte de presse et tout. J’ai aussi travaillé avec l’Afrique – un rêve que je n’ai pas mentionné au début de cet article, mais qui me tenait à cœur lorsque j’étais adolescente. Je suis allée au Burkina Faso, au Mali, au Sénégal. Ces expériences furent tantôt agréables et enrichissantes, tantôt décevantes.

Malgré les mauvais choix que j’ai pu faire et les obstacles que la vie a mis sur ma route, je me sens fière de pouvoir annoncer à la petite fille que j’étais : « Regarde, j’ai travaillé pour toi, et plusieurs de tes rêves ont été réalisés ». Bizarrement, la petite Lily ne me reproche pas d’être instable. « C’est merveilleux », me répond-elle, avant de me rappeler que je suis arrivée à la moitié de ma vie et qu’il nous en reste plein d’autres à accomplir. « Alors, qu’est-ce que tu attends? N’écoute pas les gens qui ont peur de rêver et fonce. »

A bientôt,

Lily