De la complicité innée des mamans

Les mamans ont le pouvoir d’entretenir une complicité sans même se connaître, de se dire mille choses sans même avoir besoin de parler. Je suis allée au parc avec mon fils et tandis que je marchais, poussette en avant, arriva au détour d’un chemin une autre maman. Elle avançait d’un pas lent pour que son petit garçon – qui devait avoir 2 ans – ait tout le temps d’admirer les biches rassemblées en troupeau derrière le grillage. Attendries par la scène de ce bébé apprenant l’altruisme à travers la distribution de petits bouts de pain tendus à d’inoffensifs animaux, la maman et moi avons échangé un sourire. Nous n’avons prononcé aucun mot, pas même un « bonjour », non, juste un sourire plein de douceur et de sous-entendus. J’ai continué de marcher en m’étonnant de ma propre réaction bienveillante à l’égard de cette femme qui m’était totalement inconnue. Comment se fait-il qu’une fraction de seconde aura suffi à instaurer une complicité qui, en temps normal, devrait prendre des années? Mais j’ai vite compris: dans ce parc, nous n’étions pas des femmes comme les autres, non, nous étions des mamans! A travers ce sourire, nous nous sommes raconté des tas de choses: la conversion de la femme en maman, le bonheur tout simple d’une promenade au parc avec son enfant, la fierté de voir nos bébés apprendre et évoluer… mais aussi, les nuits courtes, les biberons, les couches, l’envie de bien faire, la peur de mal faire, nos angoisses, nos doutes, nos espoirs… Oui, les mamans ont un super-pouvoir! Elles se reconnaissent l’une en l’autre, et n’ont besoin que d’un seul regard pour se comprendre. Au risque d’être accusée de mièvrerie, je pense que si les êtres humains pouvaient faire preuve d’autant de bienveillance les uns envers l’autre, au lieu d’être en permanence en concurrence, se juger, ou s’agresser mutuellement, nous construirions un monde meilleur pour nos enfants.

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