Maman conventionnelle et rebelle

Depuis la naissance de mon fils, il y a un an, je ressens en permanence un sentiment de malaise, un peu comme une toile de fond obscure sur le merveilleux tableau de la maternité.

J’ignore si c’est ma situation de maman au foyer, subie et non volontaire au départ, qui provoque ce sentiment. Ou bien, d’autres mamans ont-elles cette impression de nager à contre-courant, en eau trouble et sans personne pour vous tendre une bouée de sauvetage? Le fait est que certains jours, je me surprends à avoir des idées rétrogrades – du genre « c’était mieux avant » – et qu’il n’y a plus rien de naturel à être maman dans notre société où le paradoxe et la contradiction règnent en maître.

Une maman doit s’occuper d’elle pour être en forme pour son bébé, mais elle a également le devoir de mettre ses préoccupations au second plan pour répondre aux besoins de son enfant.

Une maman doit soigner sa tenue, se maquiller, bref se faire belle histoire de conserver ce qui peut rester de dignité entre deux taches de vomi. Plein de bienveillance, on lui conseillera de ne pas se préoccuper de son apparence – « vous venez d’accoucher! » – mais après six semaines, on lui reprochera de se laisser aller.

Une maman doit dormir quand son enfant dort, même s’il fait des siestes de 30 minutes et que la maison ressemble à une favella brésilienne.

Une maman doit veiller à ne pas transmettre ses angoisses à son bébé, mais attention à ne jamais laisser pleurer bébé plus de cinq minutes sous peine de le traumatiser à vie; rester zen quand bébé pleure, sous peine de lui transmettre ses angoisses (et la boucle est bouclée).

Une maman doit continuer de vivre « normalement », c’est-à-dire comme avant l’arrivée du cataclysme maternel et de ses nuits chaotiques. Son entourage labellisé « pas d’enfant pour le moment » ne comprend pas qu’elle puisse décliner autant d’invitations à sortir, car la vie sociale, c’est important!

Osez dire que vous êtes mère au foyer, et on se désintéressera de vous aussi instantanément que lorsque vous quittez le fil d’une conversation ennuyeuse sur Facebook. Osez dire que vous aimeriez retrouver un travail car la vie de maman à temps plein ne vous apporte aucune satisfaction, et l’on vous rappellera cette réalité réconfortante: « Mais non voyons, ton fils est quand même mieux avec sa maman qu’à la crèche! »

Des exemples comme ceux-là, je pourrais en ajouter des centaines mais ce serait inutile, car une maman ne se plaint pas.

Une maman doit toujours se contenter de sa situation qu’elle quelle soit, car c’est connu, il n’y a pas de plus grand bonheur que celui d’être maman, et oser prétendre le contraire ne se fait tout simplement pas.

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9 réflexions sur “Maman conventionnelle et rebelle

  1. C’est vrai que pour les femmes c’est pas évident, on nous en demande beaucoup, moi j’ai « choisi » de m’occuper de mes petits à pleins temps parce que je sais que je peux pas tout faire, il n’y a pas vraiment de reconnaissance c’est vrai mais justement je crois que

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  2. c’est important de lacher prise et de ne pas attendre de reconnaissance, et puis c’est une période pas facile parce qu’on se sent tjs jugée et influencée peut-être inconsciemment par les conseils « ton fils est quand même mieux à la maison qu’à la crèche »…

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    • Ah ça, de la reconnaissance, s’il y en avait ça se saurait! 😉
      As-tu choisi de prendre un congé parental, ou as-tu décidé d’arrêter de travailler? Je demande cela, car dans ces deux situations la maternité peut être vécue de façon différente: dans le premier cas, on est maman à temps plein en CDD, tandis que dans le deuxième on a signé pour un CDI 😉 D’autres, comme moi, n’ont pas décidé de devenir maman au foyer et doivent vivre avec, d’où certainement ce sentiment d’injustice. 🙂

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      • Je m’installe deux minutes sur ton divan 🙂 non je suis en cdd congé parental :). Pas toi ? ce serait qq chose de définitif ? pour moi c’est un choix sans en être un, le fait d’être en congé parental c’est imposé à moi pour plusieurs raisons: la 1ère j avais l’impression presque animale que ma place était auprès d’eux, comme tu dis il n y a plus rien de naturel à être mère et mon instinct à moi me disait que j’avais besoin d’eux, même aujourd’hui quand c’est très dur, je ne me l’explique pas…la deuxième c’est qu’avec des enfants en bas âges, que ce soit un ou deux,trois… tu as un rythme infernal, le bain, les repas, les couches, les rituels du coucher, j’imaginais le stress des journées qui n’en finissent pas, le stress encore plus grand de l’enfant qui ne dort pas, le trop peu de temps que je pourrais passé avec eux et pour moi, ça me paraissait plus raisonnable pour le bien être de tout le monde…mon mari je lui demande pas de participer au taches ménagères ou au repas par exemple, sauf le soir,il va mettre la table, réchauffé pendant que je fais le bain par exemple, c’est un confort aussi pour lui, quand je vais retravaillé il sait très bien qu’on repartagera à nouveau toutes les tâches, je lui offre du confort à lui aussi…et puis financièrement que je travaille ou pas entre les dépenses liées à leur garde ça n’aurait rien changé. Mais la ou je trouve que ce n’est pas vraiment un choix c’est que ça me manque de voir des gens, de travaillé, de ne plus quitté mon domicile tous les matins….Qui t’impose de rester au foyer ?

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      • Tu es la bienvenue. 🙂
        Je comprends tout à fait ton point de vue et le choix que tu as fait est le bon, puisque c’est ainsi que tu l’as ressenti au plus profond de toi-même. C’est exactement pour toutes les raisons que tu cites, que je me surprends parfois à avoir des idées rétrogrades du genre « c’était mieux avant »: papa au boulot, maman avec les enfants, et point, on ne cherche pas la complication. Mais les temps ont changé et c’est certainement la raison pour laquelle de nombreuses mamans au foyer souffrent de ce manque de reconnaissance… c’est injuste, non?
        Pour répondre à ta question, on va dire que c’est la crise économique qui m’impose cette situation: j’ai perdu un travail… et gagné un bébé. Donc rester à la maison n’était pas mon choix de départ. Et même si je suis fière d’avoir passé la première année de mon fils à ses côtés, le moment est venu de reprendre le chemin du boulot. J’aime mon fils, mais il faut se rendre à l’évidence, la vie sociale est vitale pour moi.

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      • En fait étant donné que ce n est plus de notre époque de rester au foyer j ai l impression de voler ce temps auquel on a plus droit. mais je sens bien aussi parce que c temporaire… Je ne pourrais pas imaginer que ça devienne un CDI 🙂 effectivement si tu sens que le moment est venu de retourner travailler c forcément le bon choix. 🙂 je te souhaite de trouver dans ce contexte compliqué…

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  3. Je pense que les mentalités commencent à évoluer ! Et sinon on s’en fout de tous ces « on-dits » ! 😉 En tout cas je trouve que s’occuper des enfants (bien le faire, pour les nounous, à la crèche etc) est un des métiers les plus durs… et encore plus quand on s’occupe de son enfant car il ne se comportera jamais de la même manière avec maman et le reste du monde ! Et parfois, c’est très dur !!
    Alors bravo et continue de rester la tête hors de l’eau ^^

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    • Tout à fait d’accord. Durant ma carrière j’ai réalisé des projets tellement fous que je me demandais parfois comment j’avais réussi à faire tout ça, mais aujourd’hui, je me dis que c’était un jeu d’enfant (sans jeu de mot…) comparé au métier de maman!

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