Maman au foyer, l’éternel dilemme

Depuis que je suis maman au foyer, beaucoup de questions se bousculent dans ma tête : ai-je fait le bon choix? Que va-t-il se passer lorsque mon fils entrera à l’école? Vais-je pouvoir retrouver une occupation professionnelle après une coupure longue de trois ans?

Parions que de l’extérieur, je donne l’image d’une maman comblée. Et pourtant, dans ma tête c’est un joyeux bazar entre certitude et doutes, entre dilemme et contradictions.

Certains jours, il me prend l’envie furieuse d’envoyer une salve de CV en réponse à des postes plus ou moins attirants; tandis que d’autres, je laisse passer des opportunités qui pourraient s’avérer intéressantes.

Alors, quand je doute, j’essaie de me souvenir de ce que je veux pour moi, là, maintenant.

Par exemple, je souhaite vivre de façon plus simple, me débarrasser des choses superflues, être plus proche de la nature et voir plus souvent ma famille. Je souhaite transmettre ces valeurs à mon fils, lui apprendre à devenir autonome et à avoir confiance en lui.

Je ne souhaite pas donner mon temps à des gens malhonnêtes ou qui se permettront de m’exploiter ou de me manquer de respect sous prétexte de me verser un salaire – Le monde professionnel me dégoûte, n’est plus en phase avec mes valeurs, c’est pour cela que je le redoute et que je ne souhaite plus me retrouver à l’intérieur de ce monde où règne la violence et le mépris. A tel point que j’ai même du mal à écouter les récits de mon conjoint lorsqu’il rentre éprouvé après une difficile journée de travail.

Je lis peu l’actualité (un comble pour une ancienne journaliste) et me tiens éloignée des sources anxiogènes d’information. Le monde des enfants nous en éloigne de toute façon naturellement. Quand on s’occupe d’un enfant, on l’aide à découvrir le monde dans sa forme la plus basique: la nature, les animaux, les goûts, les odeurs, les formes, les fleurs, les couleurs… Ce retour aux origines aide à oublier la violence du monde extérieur.

C’est peut-être aussi pour cette raison, que j’éprouve le besoin d’être avec mon fils: pour le protéger de tout forme de violence et lui offrir une présence rassurante dans ce monde de brutes.

Il est vrai aussi que je redoute un nouvel échec professionnel et il est possible que je me « cache » derrière mon enfant pour ne pas avoir à affronter cela.

Ce que je n’aime pas dans le fait d’être maman au foyer, c’est la solitude. Et aussi le manque de reconnaissance – surtout sociale. Mais cela, j’arrive encore à m’y faire.

Quand je doute, j’essaie de me concentrer sur les choses importantes pour moi en utilisant la formule « je veux / Je ne veux pas » :

Je veux pouvoir accompagner mon fils à l’école (ou à l’arrêt de bus) et être présente lorsqu’il rentrera de l’école.

Je ne souhaite pas qu’il poursuive sa journée au périscolaire.

Je ne souhaite pas que toute la famille soit obligée de se hâter le matin à 6 heures pour démarrer la journée dans le stress.

Je ne souhaite pas que mon fils passe son temps en voiture dans les bouchons.

Je veux que chacun ait le temps de petit-déjeuner tranquillement et de se parler avant de vaquer à ses affaires.

Etc.

Finalement, je me dis : je veux faire quelque chose de ma vie, moi aussi, mais je ne sais pas quoi. Ah, mais, suis-je bête : je fais déjà quelque chose ! Je m’occupe d’un enfant.

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5 réflexions sur “Maman au foyer, l’éternel dilemme

  1. Ton article est très juste et résume toutes les ambivalences de la mère et de la femme d’aujourd’hui. Je souhaite aussi être très présente pour mon fils. Je n’ai pas envie qu’il aille au périscolaire (j’ai un souvenir d’ennui mortel à la « garderie » du mercredi). Je veux être là à la sortie de l’école et ne sais pas encore si je le pourrai. En même temps, le monde du travail est très dur, on est d’accord, mais n’apporte-t-il pas aussi son lot de petites joies ? et de satisfactions personnelles (certains jours ? 😉

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    • Merci pour ton commentaire Marredattendre. J’espère que tu pourras faire ce que tu souhaites.
      Tu as raison, le monde du travail n’est pas complètement noir. On peut y nouer de belles relations entre collègues, gérer des projets enthousiasmants et obtenir de grandes satisfactions. Merci de me l’avoir rappelé. 🙂 Tiens, ça me fait penser à la réflexion qu’une amie m’a faite ce week-end, quand je lui ai demandé si elle ne désirait pas, parfois, passer à temps partiel pour consacrer davantage de temps à ses enfants. « Ah non », a-t-elle répondu spontanément, « le boulot c’est mon moment de repos! » 🙂
      Moi, je souhaiterais que chaque femme en France puisse faire le CHOIX de travailler ou de rester auprès de son (ses) enfant(s), sans culpabiliser et avec une reconnaissance sociale.

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  2. Oui, c’est pas facile, surtout quand on est pas à l’aise niveau financier. Si je pouvais, je réduirais mon temps de travail pour être plus cool le matin en les emmenant à la crèche et mieux m’occuper d’eux le soir… donc un petit tps partiel ^^ Mais comme ton ami, mon boulot, c’est mon repos !! lol.
    Bonne journée 🙂

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