Cinq jours après Nice, entre angoisse et colère

Nous avons failli perdre un proche, le jeudi 14 juillet dernier, à Nice. Cette personne est revenue vivante, mais certainement pas indemne. Même si elle n’a pas été blessée physiquement, à 20 ans, cette jeune fille qui a toute la vie devant elle, restera traumatisée jusqu’à la fin de ses jours.

Je n’ai pas l’intention de décrire ici les détails sordides de cette nuit d’horreur qu’elle a vécue. Je n’ai pas non plus créé ce blog pour commenter l’actualité. Mais cela fait cinq jours que cette satanée boule dans l’estomac m’empêche de savourer pleinement le retour des beaux jours. Les moments de jeu avec mon fils sont entrecoupés d’instants où mes pensées s’échappent. Je repense à la douleur des familles qui ont perdu un proche, un mari, un frère ou un enfant, j’essaie de visualiser ce monde dans lequel mon fils va devoir grandir. Je tente vainement de comprendre comment on peut arriver à commettre des actes d’une telle violence, j’oscille entre angoisse et colère, puis les rires de mon loulou me ramènent à une réalité plus douce.

Pleurer, me ferait tellement de bien. J’essaie, mais je n’y arrive pas. J’en ai marre de pleurer. J’ai pleuré pour Charlie, pour le Bataclan, pour Paris, pour Bruxelles….  Après Nice, je n’ai pas pleuré. Je suis restée chez moi. Je ne suis pas sortie rejoindre mes concitoyens sur la place du centre-ville pour respecter une minute de silence. Je ne suis pas allée manifester. Je n’ai participé à aucun mouvement citoyen pour faire bloc contre les terroristes.

Quand je lis des inepties du genre « Restons unis, l’amour vaincra », « Ne cédons pas à la haine », cela me fait doucement rire. Pensez-vous que les familles ayant perdu un proche dans un attentat soient de cet avis?

Quand j’étais petite, je faisais un cauchemar récurrent : la guerre. J’entendais les bruits menaçants des mitrailleuse, voyais les avions de guerre survoler les habitations, je me cachais au fond de la cave de notre maison pour ne pas mourir sous les bombes. Ce cauchemar était d’un réalisme effroyable. A chaque fois, je me réveillais en sursaut, la peur au ventre.

Mon angoisse de petite fille est en train de devenir réalité. Certes, ce conflit n’est pas comparable à la Première ou la Seconde Guerre mondiale. Et pourtant. Il y a bien une « coalition » internationale, et un « ennemi ». Il y a une stratégie, des armes, des moyens de défense, etc. Il y a, d’un côté, la volonté d’imposer son idéologie, et de l’autre, une lutte contre cette idéologie. Il surtout, il y a des morts et des blessés.

Aujourd’hui, je ne suis plus une petite fille. Je suis adulte et maman. Je m’inquiète pour l’avenir de mon fils. Je suis désormais capable d’imaginer ce qu’on pu ressentir nos grands-parents et arrière-grands-parents à l’époque de la guerre, toutes les questions angoissantes qu’ils ont dû se poser : Quel avenir se dessine pour mes enfants? Comment puis-je les protéger? Que se passerait-il s’il devait m’arriver quelque chose? Que va-t-on devenir? Va-t-on devoir modifier notre façon de vivre? Comment défendre notre liberté? Etc.

Depuis toute petite, je défends des valeurs de tolérance et de pacifisme. Mais ce 14 juillet a tout changé. J’ai envie de soutenir notre armée. J’ose espérer que dorénavant, nos policiers et gendarmes recevront (enfin) les moyens nécessaires pour protéger notre pays, et permettre à tous les citoyens de France, qui ne demandent qu’à vivre libre et en paix, de regarder un feu d’artifice sans crainte de devoir assister à un carnage.

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